Patricia Erbelding, Achronies

6 Septembre 2018 - 4 Octobre 2018
Galerie Jacques Lévy - 62 rue Charlot, 75003 Paris

 
Patricia Erbelding
Achronies

 

Du 6 septembre au 4 octobre 2018
Vernissage le jeudi 6 septembre à partir de 18h en présence de l'artiste


« Le paradis est le temps antérieur au temps. Il est un lieu étrange qui est situé à l’ouest de l’Eden et dans lequel on rêve. Ce que nous transportons ? L’ombre de la nudité. Nous transportons le souvenir de corps plus anciens que le nôtre. Nous ne sommes que la trace vivante d’une scène qui n’est plus. »

« Jadis est chose achrone, chose-avant-toute-chose commençant sans fin »

Pascal Quignard, Sur le Jadis

 

 

   Depuis plusieurs décennies Patricia Erbelding enrichit le courant de l’abstraction contemporaine d’un onirisme proche d’une écriture originelle. Il lui arrive d’intégrer la photographie, la gravure et la sculpture à son travail de peintre. Elle affectionne les formats à sa taille, pour être au centre de la peinture et au plus proche des grands espaces, des déserts. Au-dessus du vide, elle contrôle l’harmonie, la lumière, son souffle et les respirations du papier. L’abstraction sollicite davantage le geste, la trace, et cette disposition tant physique que mentale la porte vers les signes immémoriaux. Intuitivement elle s’y intéresse par les livres, puis les découvre lors d’un voyage aux États-Unis au début des années 2000. Dès lors, à travers ce vocabulaire personnel, elle explore la « capsule temporelle » que lui inspire les grottes et autres témoignages préhistoriques (géoglyphes, pétroglyphes). Elle cultive ce lien imaginaire en employant l’oxyde de fer, l’eau et la cire, des papiers de couleurs et récemment des encres. Les matériaux sont porteurs de sens. Elle recrée sur la toile l’alchimie des éléments quand la rouille brûle le support puis que la cire le protège, ou quand l’eau dilue l’encre comme elle emporte les sédiments, ou bien encore quand la composition de ses toiles joue des contrastes comme le soleil sur les reliefs du paysage. La mémoire s’épanouit dans les compositions contrôlées de Patricia Erbelding, où la dimension sensible et sensuelle de l’espace et du temps s’appréhende différemment.

Laurence d’Ist, 2018